Résultats obtenus par les biothérapies au recours de la polyarthrite rhumatoïde, Expérience du service de rhumatologie CHU d’Oran.

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Date
2023-01-24
Authors
LAMRI Zahira
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Abstract
La polyarthrite rhumatoïde (PR) représente le plus fréquent des rhumatismes inflammatoires chroniques de l’adulte. C’est une maladie potentiellement grave et invalidante, sa prise en charge doit être précoce et efficace. Au cours de ces dernières années, l’avènement des biothérapies a enrichie l’arsenal thérapeutique de la PR et redonné de l’espoir à de nombreux patients. Notre étude a pour objectifs d’évaluer l’efficacité et la tolérance des biothérapies dans une population de patients atteints de PR en conditions réelles d’utilisation. Elle vise également à identifier les facteurs prédictifs de bonne réponse thérapeutique aux biomédicaments au cours de la PR et de déterminer leur taux de maintien à 6 et 12 mois. Matériels et méthodes : Il s’agit d’une étude observationnelle descriptive à visé analytique, réalisée au service de Rhumatologie CHU d’Oran sur une période allant du Janvier 2008 à Décembre 2018. Elle inclut les patients atteints de PR diagnostiqués selon les critères ACR/EULAR et traités par biothérapies après échec ou intolérance à au moins un traitement de fond dont le Méthotrexate. Une fiche d’exploitation a été élaborée permettant le recueil à l’inclusion des données épidémiologiques, cliniques, paracliniques et thérapeutiques ainsi que leur évolution et l’apparition d’éventuels évènements indésirables sous biothérapies. Tous nos patients ont été évalués à 3, 6 et 12 mois par différents paramètres (NAD, NAG, EVA, HAQ, DAS28-CRP et les critères de réponse EULAR). Une régression logistique a été réalisée afin d’identifier les facteurs prédictifs de réponse thérapeutique aux biothérapies utilisées. Résultats : Au total, cent vingt et un cas de PR ont été inclus (104 femmes, 17 hommes), l’âge moyen était de 45,83 ± 14,55 ans. Il s’agit de PR très active avec un DAS28-CRP moyen de 5.42 ± 0.75 évoluant en moyenne depuis 11,02 ± 9,40 ans. Un syndrome inflammatoire biologique a été noté avec une VS moyenne de 55,01 ± 23,44 mm/1h et un taux moyen de la CRP de 28,18 ± 22,29 mg/dl. Le facteur rhumatoïde et les ACPA étaient positifs dans 66,9% et 75,2% respectivement. 97,5% des patients avaient des lésions structurales radiographiques. En première intention, le Rituximab était prescrit chez 54,5% des patients, le Tocilizumab chez 16,5% et les anti-TNFα chez 28,9% (Adalimumab chez 15,7% des cas et Etanercept dans 13,2%). Le score DAS28 moyen évalué à 3, 6 et 12 mois était à 3.04 ± 0,96, 2.76 ± 1,19 et 2.67 ± 1,22 (p˂0,0001) respectivement. La proportion des répondeurs EULAR à 3, 6 et 12 mois était de 75,9%, 83,9% et 86,1%. Dix-neuf patients ont nécessité la rotation vers un autre biomédicament après échec ou intolérance au premier traitement. La tolérance était bonne chez 71,9%. Les évènements indésirables étaient dominés par les infections (14,5%). L’analyse de régression multivariée a retrouvé qu’un NAD initial moins important (OR :1,10 ; IC 95% :1,018-1,201, p˂0,017) était prédictif de la LDA ou rémission à 3 mois, un nombre faible des comorbidités (OR :3,03 ; IC 95% :1,240-7,432, p˂0,015) était prédictif de la rémission à 6 mois et une durée moins longue de la RM (OR :0,98 ; IC 95% :0,973-0,998, p˂0,038) et une VS moins élevée (OR :0,97 ; IC 95% :0,949-0,997, p˂0,029) à l’inclusion étaient prédictives d’une réponse EULAR à 6 mois. Le taux de maintien thérapeutique était de 91.7%, 82.6% à respectivement 6 et 12 mois de traitement par biothérapies. Conclusion : Notre étude illustre l’efficacité et la bonne tolérance des biothérapies au cours de la PR. Elle permet aussi de mettre en évidence des facteurs prédictifs de réponse thérapeutique, ainsi qu’un bon maintien thérapeutique des biomédicaments dans la PR.
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