Alopécie androgénétique dans la commune de Constantine

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Date
2021
Authors
Mansoul, Tarek
Journal Title
Journal ISSN
Volume Title
Publisher
Université Constantine 3 Salah Boubnider, Faculté de médecine
Abstract
Introduction : L’alopécie androgénétique (AAG) est la forme la plus fréquente d’alopécie. Les estimations de la prévalence de l’AAG varient en fonction des études et de la population cible. L’AAG chez les sujets de moins de 20 ans est rare, sa prévalence augmente avec l’âge devenant commune chez les sujets de plus de 60 ans. L’absence de données épidémiologiques sur la fréquence de cette affection, ses caractéristiques épidémiologiques et son impact sur la société algérienne rend difficile la réalisation de programmes de santé ciblés. À cet effet, nous avons réalisé une étude sur les caractéristiques épidémiologiques, cliniques et thérapeutiques de l’AAG dans la population algérienne. Matériel et méthode : Étude épidémiologique transversale descriptive intéressant les sujets des deux sexes âgés entre 20 et 59 ans habitant la commune de Constantine. Un échantillonnage aléatoire stratifié selon l’âge et le sexe a été réalisé. La collecte des données a été effectuée sur la base sur un questionnaire autoadministré et d’un examen clinique par un seul et même dermatologue. L’analyse des données a été réalisée par le logiciel SPSS version 20. Résultats : La prévalence de l’AAG était de 58 % avec une prévalence selon le sexe de 67 % chez les hommes et de 49 % chez les femmes. La prévalence de l’AAG, de même que ses formes sévères, augmentait avec l’âge chez les deux sexes. On n’a pas objectivé de liens statistiques entre l’AAG d’une part et d’autre part : le niveau d’instruction, l’état civil, l’âge du mariage, l’âge de la puberté, l’exposition solaire moyenne, l’activité physique, le phototype, l’âge de la puberté, le nombre d’enfants, la prise de contraceptifs oraux, la durée du cycle menstruel et l’allaitement au sein. Il existait une relation entre le type de cheveux et la présence d’une AAG avec une AAG plus fréquente d’une part en cas de cheveux fins ou normaux versus cheveux crépus ou frisés et d’autre part en cas de cheveux mixtes à gras versus cheveux normaux à sec. De même, la présence d’une AAG était associée à la présence d’une canitie. Sur le plan mode de transmission génétique, l’AAG suivait essentiellement une filiation paternelle dans les deux sexes avec une transmission maternelle uniquement chez les femmes. L’impact psychosocial de l’AAG évalué par le DLQI mettait en évidence une altération plus importante chez les femmes que chez les hommes, chez les sujets jeunes plus que les sujets âgés, chez les sujets les plus instruits versus les sujets les moins instruits et chez les personnes célibataires versus les mariées ou les divorcées. Les antécédents de pathologies coronariennes familiales ont été plus fréquemment retrouvés chez les sujets atteints d’AAG que chez les sujets sains. La pression artérielle diastolique était plus élevée chez les hommes atteints d’AAG que chez les sujets sains. De même, chez les hommes, en cas de présence d’une AAG du vertex, le rapport périmètre abdominal sur tour de hanche était plus élevé que chez les sujets sains. Discussion : Nos résultats sont proches des résultats de prévalence des principales études de la littérature pour l’AAG chez l’homme et plus élevés pour l’AAG chez la femme. Cette fréquence élevée chez les femmes pourrait être liée à l’utilisation de la trichoscopie pour le diagnostic des formes débutantes. Contrairement à certaines études de la littérature, nous n’avons pas mis en évidence de relation entre l’AAG et certains facteurs épidémiologiques ou environnementaux. Le mode de transmission de l’AAG dans notre série suivant une filiation paternelle a été également relevé par d’autres études de la littérature. Ce mode de transmission suspecté par les études épidémiologiques est en discordance avec les données génétiques actuelles qui sont pour une transmission liée à l’X. L’impact de l’AAG sur la qualité de vie des sujets relevé dans notre étude confirme encore une fois que l’AAG ne constitue pas uniquement un problème esthétique, mais a également un retentissement important sur le plan psychosocial et sur la qualité de vie des sujets atteints. L’association de l’alopécie androgénétique à certains facteurs de risque cardiovasculaire rapportée dans différentes séries de la littérature a été également retrouvée dans notre étude.
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